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Qu’est-ce que les DASPA ? Qui sont-ils ? Comment fonctionnons-nous ?

 

Cher public,

L’Athénée Jourdan organise des classes DASPA et vous vous posez des questions par rapport à ces élèves et au dispositif mis en place. Nous allons tenter de vous éclairer.

1. Le DASPA c’est quoi ?

Il s’agit d’un Dispositif d’Accueil et de Scolarisation des élèves Primo-Arrivants. Le public DASPA est très hétérogène par ses diverses nationalités et par la situation des élèves qui en font partie. Dans ces classes, vous aurez des élèves aux situations très différentes :

- Des Menas (majoritaires) , Mineurs Etrangers Non Accompagnés pris en charge par des Centres d’accueil dans lesquels ils vivent toute l’année, week-end et vacances compris ;

- Des élèves arrivés en Belgique avec leurs parents et qui vivent également en Centre, le temps d’obtenir un statut et un logement ;

- Des élèves qui vivent en famille dans leur propre logement ;

 

Parmi ces jeunes, certains ont été scolarisés, d’autres ne l’ont jamais été.

En Daspa, la durée de scolarisation de l’élève en DASPA reste limitée dans le temps, de quelques semaines à 12 mois, avec une prolongation de 6 mois si le niveau de connaissance du français n’est pas suffisant pour entrer en classe « ordinaire ». Une seconde prolongation de 6 mois pour ceux arrivés en Belgique et analphabètes est aussi possible.

Nous avons 3 niveaux en Daspa :

- la classe Alpha pour les élèves ne parlant pas le français (les nouveaux arrivants) ;

- la classe A1, pour les élèves commençant à se débrouiller à l’oral comme à l’écrit ;

- la classe A2, pour les élèves en acquisition d’un niveau nécessaire pour intégrer une classe « ordinaire ». L’élève en DASPA 2 est intégré progressivement en suivant des heures de cours dans une classe « ordinaire » (voir « Les intégrations »).

 

2. Evolution des situations individuelles.

Les élèves qui accompagnent leurs parents, venus dans un projet de vie s’installer dans la région, resteront plus longtemps.

Pour les autres, cela se complique en fonction de leur situation :

· Avec les parents qui vivent en Centre, cela dépend de l’obtention ou non du droit de rester sur le territoire.

· Pour les MENAS, c’est différent, cela dépend de leur âge et ensuite de la longueur de leur procédure pour obtenir des papiers. Leur parcours se déroule en 4 phases :

Phase1 : accueil dans un Centre Fedasil à leur arrivée sur le territoire pour une période d’environ 1mois

Phase 2 : Centre d’accueil pour MENA, scolarisation, suivi de la procédure pour l’obtention des papiers

Phase 3 : A partir de 16 ans, si le jeune a obtenu ses papiers, dossier positif au grand commissariat de Bruxelles, il sera dirigé dans un centre en semi-autonomie. Il y vivra seul avec d’autres jeunes, aidé d’un éducateur ou d’un assistant social. Il y restera environ 6 mois avec un maximum de 12 mois.

Phase 4 : Le jeune est totalement autonome.

Parfois, le jeune part en famille d’accueil.

3. Le comportement des élèves

Les élèves en DASPA peuvent être différents des autres élèves. Certains n’ont jamais été scolarisés ou très peu et par conséquent, il leur faut un temps d’adaptation scolaire, culturel et climatique.

Parfois, ils peuvent avoir des réactions inattendues parce qu’ils sont craintifs, timides ou ne comprennent tout simplement pas. Ils sont parfois présents de corps mais sont ailleurs car leur procédure génère un grand stress pour eux. Ils ont souvent beaucoup de responsabilités et d’espérances qui pèsent sur eux, dont dépendront leur sécurité mais aussi celle de leur famille. Parfois, ils sont sans nouvelles.

Bon nombre d’entre-eux ont subi ou ont été témoins de grandes violences dans leur pays d’origine ou sur le chemin de l’exil, ce qui n’excuse en rien un comportement déplacé ou inhabituel mais peut parfois l’expliquer.

Nous ne connaissons pas toujours le passé des élèves parce que les Centres sont tenus au secret professionnel. Parfois ce sont les jeunes eux-mêmes qui se confient quand ils se sentent en confiance.

Nous avons aussi des élèves qui ont été scolarisés et viennent d’un pays développé et qui intègrent le DASPA pour apprendre le français avant de retrouver un parcours scolaire comme dans leur pays d’origine.

4. Les intégrations

Après 10 mois dans une classe Daspa, un élève doit intégrer une classe ordinaire et de manière progressive, au moins 6 heures à l’horaire par semaine.

Ce processus a pour but d’améliorer l’intégration des élèves, leur permettre de parler davantage le français, mais aussi, pour le conseil de classe, d’évaluer si la classe choisie est adaptée au niveau de l’élève.

En fin de parcours Daspa, un conseil de classe est organisé avec la Direction, les professeurs du Daspa, un représentant du service des équivalences de WBE et l’éducatrice, afin de décider de l’orientation scolaire de l’élève et acter l’intégration définitive dans une classe.

5. Conclusion.

Malgré toutes les difficultés personnelles, ces jeunes sont là pour apprendre et construire un avenir meilleur. Ils ont besoin de sécurité, de relations, de reconnaissance et d’attention.

Nous n’avons pas plus de difficultés dans la gestion des élèves des classes DASPA que des autres classes. Ils sont au contraire, pour la plupart, reconnaissants de ce que l’on peut leur apporter.

 

La Coordination DASPA


 Suite à la crise migratoire de 2015, le Ministre Monsieur Rachid Madrane a ouvert 130 places dans le secteur de l’aide à la jeunesse, par solidarité envers Fedasil.  A cette occasion, le 1er septembre 2016 la Cité de l’Enfance en partenariat avec l’ARJ a créé le service MENA.  Celui-ci accueille 21 jeunes garçons à partir de 6 ans jusque 16 ans, issus de diverses nationalités.  Ce service est inédit en Belgique car aucun internat scolaire ne s’est associé dans ce genre projet.  Ce projet exclusif, permet aux jeunes MENA (Mineur Etranger Non Accompagné) de s’insérer dans la société via la scolarité ». 


 

Centre ména

Sentier du Lycée 10

6220 Fleurus

tél: 071/